
Diagnostic des infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les écoles primaires publiques de N’Dali, Bénin — Fondation Farid Danko.
Initiative de la Fondation Farid Danko visant à documenter l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans les 94 écoles primaires publiques de N’Dali, afin d’orienter des interventions plus ciblées, inclusives et durables.
Comprendre avant d’intervenir
Les actions sociales gagnent en pertinence lorsqu’elles reposent sur une connaissance réelle des besoins.
C’est cette conviction qui a conduit la Fondation Farid Danko à initier un diagnostic sur la disponibilité et la fonctionnalité des infrastructures sanitaires dans les écoles primaires publiques de la commune de N’Dali, au nord du Bénin.
Depuis 2024, la Fondation intervient auprès d’écoles publiques béninoises, notamment sur des questions liées à l’accès à l’eau, aux infrastructures sanitaires et au soutien aux enfants. Avant d’engager de nouvelles actions à N’Dali, nous avons voulu disposer d’un état des lieux suffisamment précis pour comprendre les besoins, identifier les priorités et éviter que les décisions reposent uniquement sur des impressions.
Le diagnostic a été publié le 19 novembre 2025, à l’occasion de la Journée mondiale des toilettes.
94 écoles pour disposer d’une vision d’ensemble
L’étude a couvert l’ensemble des 94 écoles primaires publiques de la commune de N’Dali.
Le travail de terrain s’est appuyé sur l’observation directe des infrastructures et sur une collecte numérique d’informations auprès des établissements. Les équipes ont examiné les latrines, les urinoirs, les sources d’eau, les dispositifs de lavage des mains, leur état de fonctionnement, leur accessibilité ainsi que les mécanismes prévus pour leur entretien et leur gestion.
Cette couverture complète de la commune était importante. Il ne s’agissait pas de retenir quelques situations particulièrement visibles, mais de comprendre la réalité des écoles dans son ensemble et les différences d’un établissement à l’autre.
La réalisation du diagnostic a également reposé sur la collaboration de plusieurs acteurs locaux : directions d’écoles, enseignants, enquêteurs de terrain, mairie de N’Dali, services techniques communaux, chefs d’arrondissement et communautés scolaires.
Des infrastructures présentes, mais souvent insuffisantes
Les données recueillies ont fait apparaître une réalité plus complexe que la simple présence ou absence d’équipements.
Ainsi, 81 % des écoles disposaient de latrines, mais seules 69 % disposaient d’installations fonctionnelles. L’accessibilité restait particulièrement préoccupante : seulement 7 % des écoles disposaient d’aménagements adaptés aux élèves en situation de handicap.
La question de l’eau présentait elle aussi des fragilités importantes. Si une source d’eau était déclarée dans 64 % des établissements, 73 % des répondants indiquaient que l’eau disponible n’était jamais traitée.
Le lavage des mains constituait un autre point d’attention : 41 % des écoles ne disposaient d’aucun dispositif dédié et, lorsque ces équipements existaient, l’approvisionnement en eau et en savon restait souvent insuffisant.
La gestion des déchets révélait également des pratiques préoccupantes, avec 60 % des établissements ayant recours au brûlage à l’air libre, tandis qu’aucune des écoles enquêtées ne disposait de dépotoirs aménagés.
Ces chiffres disent surtout quelque chose des conditions dans lesquelles les enfants vivent leur journée d’école. L’accès à l’eau, à des toilettes fonctionnelles ou à un dispositif de lavage des mains touche directement à leur santé, à leur confort et à leur dignité.
Une attention particulière aux filles et aux enfants en situation de handicap
L’étude a également permis de regarder les infrastructures à travers la question de l’inclusion.
La séparation des sanitaires entre filles et garçons reste incomplète dans de nombreux établissements, tandis que l’accessibilité pour les enfants en situation de handicap demeure extrêmement limitée.
Ces réalités ont une importance particulière pour les filles, notamment lorsque l’absence d’intimité, de verrouillage, d’eau ou de sanitaires adaptés complique la gestion de l’hygiène menstruelle à l’école.
Parler d’infrastructures scolaires revient donc aussi à parler de dignité, de sécurité et d’égalité des chances.
Transformer les constats en priorités d’action
Le diagnostic n’avait pas vocation à produire uniquement des statistiques.
Les données recueillies devaient surtout permettre d’identifier des priorités.
Parmi les orientations formulées figurent la réhabilitation des infrastructures sanitaires, l’amélioration de l’accès à l’eau potable, la mise à disposition de dispositifs de lavage des mains réellement fonctionnels, une meilleure gestion des déchets ainsi que le renforcement des comités d’hygiène dans les écoles.
Le rapport recommande également de poursuivre l’éducation à l’hygiène, de mieux prendre en compte l’hygiène menstruelle des filles et de mettre en place des mécanismes réguliers de suivi des infrastructures WASH.
L’un des enseignements du diagnostic est assez simple : construire une infrastructure ne suffit pas. Elle doit aussi fonctionner, être entretenue, rester accessible aux élèves et pouvoir durer.
Mon rôle dans le projet
En tant que président de la Fondation Farid Danko et responsable du projet, j’ai souhaité que cette démarche parte d’un principe simple : avant de décider où et comment agir, il faut comprendre ce qui existe déjà et ce qui manque réellement.
Le projet a été coordonné sur le terrain par Tahirou Dotia, avec l’appui des équipes de la Fondation, de collaborateurs locaux et des partenaires institutionnels mobilisés dans la commune.
Ce diagnostic correspond aussi à ma manière de concevoir l’action sociale.
Aider peut signifier financer une infrastructure, fournir du matériel ou répondre à un besoin immédiat. Mais cela peut également commencer par la production d’une connaissance suffisamment solide pour mieux orienter les décisions qui suivront.
C’est moins visible qu’une réalisation matérielle, mais souvent tout aussi déterminant.
Des données utiles au-delà de la Fondation
Nous avons aussi souhaité que ce diagnostic puisse être utile à d’autres acteurs.
Les informations recueillies peuvent servir aux autorités locales, aux organisations de la société civile, aux partenaires techniques ou aux institutions qui souhaitent mieux cibler leurs interventions dans les écoles de N’Dali.
Je tiens beaucoup à cette idée : lorsqu’une organisation produit une connaissance utile, elle ne devrait pas rester enfermée dans ses propres dossiers.
Ces données peuvent nourrir d’autres décisions, faire émerger des partenariats et aider les acteurs présents sur le territoire à mieux coordonner leurs efforts.
Ce que je retiens
Ce projet m’a conforté dans une conviction : l’action sociale ne commence pas toujours par une solution. Elle commence parfois par le fait de regarder précisément la réalité avant d’agir.
Dans les 94 écoles étudiées à N’Dali, nous avons trouvé des infrastructures fonctionnelles, des comités d’hygiène actifs et des dynamiques sur lesquelles il est possible de s’appuyer. Mais nous avons aussi documenté des déficits importants en matière d’eau, d’assainissement, de lavage des mains, d’accessibilité et de gestion des déchets.
L’enjeu n’est donc pas seulement de constater ce qui manque.
Il est maintenant de faire en sorte que ces données puissent soutenir des décisions, des partenariats et, à terme, des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des élèves.
Documenter était une première étape. Il faut maintenant que cette connaissance serve à mieux agir.
Repères du projet
Projet
Diagnostic sur la disponibilité et la fonctionnalité des infrastructures sanitaires dans les écoles publiques du Bénin : cas de la commune de N’Dali
Organisation porteuse
Fondation Farid Danko
Responsable du projet Farid Danko — Président, Fondation Farid Danko
Coordination du projet Tahirou Dotia — Fondation Farid Danko
Zone d’intervention
Commune de N’Dali, département du Borgou, Bénin
Période de l’étude
2025
Établissements couverts
94 écoles primaires publiques
Domaines étudiés
Eau potable · latrines · urinoirs · lavage des mains · hygiène scolaire · gestion des déchets · accessibilité · gouvernance des infrastructures
Publication
19 novembre 2025 — Journée mondiale des toilettes
Finalité
Produire un état des lieux permettant d’orienter les interventions de la Fondation et de mettre des données utiles à la disposition des acteurs souhaitant améliorer les conditions WASH dans les écoles de N’Dali.
